A travers la réalisation d’une fresque, les jeunes élus de la commission Développement durable ont découvert pourquoi et comment les luttes féministes et anti-racistes étaient liées à celles de l’écologie et de la protection de l’environnement.

Le rapport de domination

Une fresque sur l’écoféminisme et l’antiracisme

Pour aborder ce vaste et exigeant sujet, Florian Messador a donc proposé la réalisation de cette fresque sur les thèmes de l’écoféminisme et de l’antiracisme, qui a pour vocation dans un premier temps de faire réfléchir les jeunes élus sur l’existence de systèmes et rapports de domination à l’encontre de populations humaines et du vivant en général. 


Cette fresque, conçue par Florian Messador, fonctionne à l’image des fresques du climat, de la biodiversité, etc. 

 Chaque groupe reçoit un premier lot de 3 cartes :

  • une carte « Féminisme », 
  • une carte « Racisme » 
  • une carte  « Écologie ».

Ce sont les 3 cartes « thématiques ». On les dispose en triangle, très espacées sur sa grande feuille de kraft car on va désormais devoir y relier une douzaine d’autres cartes. 
Distribuées par lot, ces cartes présentent aussi bien des événements ou personnages historiques (la guerre du Vietnam, Vanada Shiva, le massacre des bisons d’Amérique au XIXème siècle… ), que des métiers (fleuriste, personnel d’entretien), des maladies ou même des biens de consommation (le maquillage). Les explications au verso, lues par les participants à l’ensemble de leur petit groupe, permettent de comprendre en quoi ces sujets sont liés à une ou plusieurs de ces grandes thématiques.

 

Au fur et à mesure qu’ils découvrent ces sujets, qu’ils manipulent et positionnent les cartes, les participants prennent conscience que se dessine sur leur fresque un même rapport de domination.

En effet, quelle est l’expérience commune vécue par l’ensemble des femmes sur la planète, par les personnes dites « racisées » et par la nature vivante (faune et flore comprises) ?

Celle d’avoir été, et d’être encore, considérées comme étant des êtres vivants « inférieurs » selon un système hiérarchique, de valeurs et de positions ayant placé durant des siècles les hommes, blancs (mais aussi « valides », « hétérosexuels », « éduqués », « aisés », etc…) tout en haut d’une « pyramide du vivant ».

Quel est le dominateur commun aux luttes féministes, écologiques et anti-racistes, profondément humanistes, face à un ordre, un état de fait, une réalité transversale qui vient frapper aussi bien certains êtres humains que le « vivant » dans son ensemble ?

Comment sortir d’un système pyramidal plaçant et figeant chaque être vivant dans une position où les uns dominent les autres selon la place qu’ils occupent. 
Et avec, bien entendu, un être « super dominant » au sommet de cette hiérarchisation du vivant. Un système qui a donc eu (et a encore) pour conséquence d’entériner un ordre se voulant définitif et intangible, au détriment d’une part majeure du vivant sur notre planète, considérée comme exploitable et corvéable à merci. 

De carte en carte, de lien en lien, se dessine progressivement une fresque, sur laquelle ces évènements et situations, qui n’ont en apparence pas grand chose en commun, se trouvent reliés, par delà les continents et les siècles, par delà l’espace et le temps, par ce même rapport de domination des uns à l’encontre…de tous les autres.

Cette approche dite « intersectionnelle » du réel, invitant à considérer le réel dans sa globalité et dans sa complexité leur a permis de mieux cerner l’importance des enjeux écologiques, pour le progrès humain (le droit des femmes, des populations racisées) aussi bien que pour la planète.